BONDAGE-PASSION

Je pratique le bondage et la soumission (soft) depuis plus de 30 ans. Une vie de liens.

Mon enfance fut heureuse et pleine d’amour.
Papa était militaire de carrière. La droiture et le respect de la parole était au pinacle de notre éducation. De là découle certainement aussi mon gout inné pour certaine forme de discipline.
Je me suis mariée à l’âge de vingt et un an et j’ai suivi mon mari au Québec où il était en poste. OUPS, un fonctionnaire. Nous étions très amoureux et notre bonheur était complet et rayonnant.
Dès les premiers temps de notre union, nous étions en osmose sur tous les plans, y compris, bien sûr, sexuellement. Un soir, mon mari, alors que nous étions en plein émois amoureux, (pour ne pas dire "débats amoureux"), a eu l’idée de simuler de me violenter, après m'avoir attaché les mains dans le dos. Puis, il m’a fait l’amour comme jamais. Ce fut ma toute première expérience de bondage, gentillette et cocasse mais celle qui allait changer le cours ma vie.
Les jours, les mois se sont succédé et avec le temps, la soumission et le bondage ont pris de plus en plus d’importance dans notre vie. Au quotidien, mon mari se perfectionnait et mon plaisir grandissait proportionnellement.
Un matin, un week-end alors que nous déjeunions, mon mari me fit une proposition surprenante. Il proposait de nous rendre, le soir même, dans un club dont il avait entendu parler. Un club fétichiste à Montréal. Surprise, sur le moment, mais intriguée aussi, je décidais de "jouer le jeu" et de le prendre au mot.
Le soir même, je me retrouvais au centre d’un vaste salon aux lumières tamisées et à l'ambiance feutrée, entourée d’une vingtaine de personnes me donnant l'impression de n'avoir d’yeux que pour moi. Sensation grisante mais j'étais à la limite de la panique.
A ma très grande surprise, je vis avec effroi mon compagnon me planter là et un homme d’une cinquantaine d’années (j’en avais à peu près 25 à l’époque) qui s’approcher de moi. Son regard était chaleureux mais les cordes qu'il tenait en mains me firent très vite deviner ce qui était en train de se passer. Il me fit mettre mes mains dans le dos, et attaqua, sans précipitation mais avec fermeté, de m’entraver minutieusement. J'étais venue pour cela, pas question de me dérober. En une bonne vingtaine de minutes, je me retrouvais allongée sur le tapis Persan (je crois) qui recouvrait le sol et magnifiquement bondagée, incapable du moindre mouvement mais incroyablement excitée. Il me fallut toute la concentration dont j’étais encore capable pour résister à l’orgasme qui montait, inexorablement, en moi et qui réussit, finalement, par arriver. Plus tard dans la nuit, j’eu droit, comme en cadeau, à une deuxième séance, avec un autre bondageur, encore plus âgé mais tout aussi expérimenté que son prédécesseur, et qui confirma, s’il en était encore besoin, que le bondage aurait, désormais, une place prépondérante dans ma vie. Je ne pourrais jamais oublier cette première nuit en club. Bien sur, nous avons renouvelé souvent cette expérience, dans d’autres clubs, avec d’autres bondageurs et bondagettes mais une première fois ne s'oublie jamais.
Au fur et à mesure de nos sorties, nous nous sommes constitué un cercle d’ami-e-s avec lesquel-le-s nous pratiquions le plus régulièrement possible, une fois chez l’un, une autre fois chez l’autre, jusqu’à, je le pense sincèrement, obtenir un assez bon niveau de pratique. Petit à petit, nous formions une équipe, avec ses règles, ses codes et ses rituels. A mon retour en France, en 2001, j’ai retrouvé, amusée, certains de ces codes, comme le dress-code ou, en bon Français de France, le code vestimentaire, pratiqués dans le club parisien dans lequel un ami me proposa une sortie, assez réussie d’ailleurs. A mes yeux, il est simplement vraiment dommage qu’ici, en France, tout semble ne se passer qu’à Paris. La province étant pratiquement dépourvue, voire absconde, de clubs privés dédiés au bondage et/ou à la soumission, ce que je déplore sincèrement. Mais les choses changent, parait-il
De retour en France, donc, suite à notre divorce, j’avais besoin de me reconstruire et j’avais mis un temps, entre parenthèses, le bondage mais, aujourd’hui, je suis "en manque" de ma passion et je me désespère de devoir me contenter, même si j’y trouve beaucoup de plaisir, de séances de "self bondage", compensatrices mais par lesquelles je ne peux m’exprimer pleinement, comme je le voudrais.

Dim 1 jan 2012 Aucun commentaire